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Enrico Tosi, bastiais, titulaire d’une maîtrise d’italien, passionné de météo et de photo.

Enfant, j’ai levé les yeux au ciel. Depuis j’ai les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Contemplateur assidu et émerveillé de l’éphémère beauté. Lisses ou boursoufflées, nettes ou indéfinissables, fibreuses ou massives, ces créatures aériennes engendrées par la terre et par l’eau ont élu domicile dans les bleus pâturages et avant de replonger dans l’océan d’origine par un mouvement perpétuel et grandiose, offrent, au regard de celui qui sait l’apprécier, le spectacle fascinant du ciel et de ses métamorphoses.

Figures du mouvant, de l’imagination, de l’immatériel, les nuages seuls, trouvent grâce aux yeux du voyageur  Baudelairien, étranger au monde et aux hommes. « J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages ! ». Amour qui élève l’esprit des « miasmes morbides » pour l’emporter dans les « espaces limpides ». Ils défilent, ces nuages, au-dessus des hommes et des villes et guident le voyageur dans sa quête d’un ailleurs impossible.

Jouant avec le vent, causant avec les nuages, je traverse le flot permanant des apparences, et entre mille choses contradictoires, j’essaye de saisir les signes de la beauté. Dans ce monde de plus en plus hostile à toutes valeurs esthétiques, il est urgent de ne pas perdre ce bien précieux qui a guidé les hommes tout au long de la civilisation. La beauté qui est à la fois dans l’éternel et dans le transitoire.

Et pour saisir l’éternel dans le transitoire, il faut apprendre à voir ; et non pas se contenter d’observer distraitement. Dans tout ce qui se présente à mon regard, je ne privilégie rien, je me tiens disponible et aux aguets, prélevant dans le réel, sans l’altérer, des éléments qui vont former un tableau et révéler la beauté ou le sens. Pour cela, j’évite le cliché machinal comme le cliché prémédité, misant plutôt sur la rencontre fulgurante du hasard de l’instant avec la nécessité immuable de l’œuvre. L’œil cesse alors d’être passif devant le réel tel qu’il est et devient créatif en proposant sa vision du monde.

Les grâces et les puissances de l’air accompagnent mon inspiration. L’élément météorologique, quand il est présent, insuffle à la photographie de paysage une dose de sublime qui se traduit pas une délicieuse fascination vis-à-vis de ce qui nous dépasse et nous terrifie; la nature, avec ses tempêtes, ses orages, ses vagues de froid, ses éclairages dramatiques, ses brumes, ses nuages bizarres ou tourmentés devient alors le sujet de prédilection. À ce déchaînement de force, j’oppose la rigueur et l’équilibre de la composition, n’apportant que peu de retouches et parfois aucune.

La Corse, loin des clichés de ciels bleus et d’eaux turquoises pour visiteurs en mal d’éternel été, par la variété de ses paysages et de ses phénomènes atmosphériques, offre un terrain idéal, et on pourrait même se demander si à Bastia, des habitants d’une planète lointaine ne viendraient pas régulièrement garer leur vaisseau spatial pour observer les humains…Bien sûr il n’en est rien, il s’agit seulement d’Altocumulus lenticularis, le plus dramatique et le plus insolite des nuages, le seul qui ne passe pas, mystérieusement suspendu dans les airs, ciselé par les caprices du vent en délire et prenant tour à tour la forme de lentilles, de soucoupes, d’assiettes empilées, de mille-feuilles ou d’os de seiche ( « a seppia » ). Le savoir météorologique peut bien expliquer la cause du phénomène par la formation d’une onde orographique stationnaire, la magie est intacte.

Mes photos se proposent de saisir cette magie du ciel et les mystérieuses relations  que les « architectures de l’impalpable » entretiennent avec les paysages terrestres et le monde humain. Par une économie de moyens et un oubli de moi-même j’ai visé la simplicité d’expression où les formes, les lignes, les courbes,  l’équilibre de la composition, sont rehaussés parfois par la lumière, si belle aux premières ou aux dernières heures du jour quand le soleil se réfléchit sur « les larmes d’un nuage » (  Henry David Thoreau   ).  Le résultat est là ! Des images prises sur le vif, à la fois rigoureusement réalistes et capables d’éveiller l’imaginaire, ancrées dans le quotidien et frappées du sceau de l’étrange, vivantes, mouvementées et rationnellement ordonnées.

 Réalisations :

-Publication sur Stantari en août 2007

-Publication dans le supplément de Corse Matin, La Corse votre hebdo, le 14 septembre 2007

-Exposition au Forum des créateurs de Biguglia, août 2008

-Illustration ( 1 photo ) de l’ouvrage Y a plus de saison de Guillaume Séchet, août 2008

-Version picturale d’1 photo, réalisée par le peintre Ribellu, automne 2008

-Illustration ( 3 photos ) de guide touristique des Plages Des Agriates, automne 2008

-Illustration ( 7 photos ) de l’ouvrage L’Assemblée Générale de Pauline Salembien, automne 2008

-Exposition ( collectif ) à la Poste de Corté sur le thème : La Corse en hiver, janvier 2009

-Exposition Galerie d’Art du Boulevard Aguste Gaudin, avril 2009

-Exposition aux Forum des créateurs de Biguglia août 2009

-Illustration ( 5 photos ) du calendrier 2010 de l'Athletic Jeunes Bastia, janvier 2010

-Partenaire de l'Office de Tourisme de Bastia ( www.bastia-tourisme.com ) depuis mai 2010

-Exposition " Bastia, regard sur son ciel " à la bibliothèque municipale de Bastia, mai 2011

-Participation ( 1 photo ) à la première édition des Rencontres photographiques de Corté, juillet-Septembre 2011

-Exposition au Forum des Créateurs de Biguglia, août 2011

-Exposition à la Maison du Centre Ancien de Bastia " le centre ancien entre réel et imaginaire " août-septembre 2011

-Participation ( 2 photos ) à l'exposition collective du prix artistique corse organisé par le CG de Haute-Corse, septembre 2011

 

Diaporama de mes photos ( Album Corsica )

 

 

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